Nous voilà enfin sur la dernière partie du voyage ! 800 kms encore…à la fois beaucoup et si peu ! Dernière ligne droite à vous raconter avec un immense plaisir.

Don’t stop believing

Quoi de mieux que de lire cet article en musique ? Je vous propose donc une musique qui fait écho à notre voyage :

Journey – Dont Stop Believing

Nous faisons donc nos premiers kilomètres en dehors des îles Lofoten avec cette impression amère de quitter le paradis. Nous avons cependant pris du retard sur notre planning en perdant une journée quasiment à mettre à jour le blog et régler tous nos emails. Nous décidons donc de prendre le bus sur 200 kms. Ça nous permet de faire une pause bien appréciée !

Le trajet dure 4h30 (pour 200kms de bus!), quand on vous dit que ça rigole pas les montées en Norvège c’est pas une blague ! Arrivée à 19h à notre destination, dans un froid glacial. Nous reprenons le vélo le lendemain, la soirée étant trop froide pour pédaler !

L’équipée sauvage

Le lendemain les côtes s’enchaînent et nous terminons par une montée impressionnante. En haut nous contemplons une vue superbe et prenons un petit chemin de traverse pour avoir un beau panorama !

C’est ici que nous faisons la connaissance de Nico, un cyclotouriste français. Il est 16h, nous n’avons pas encore atteint notre objectif de 90 km (nous en sommes à peine à 75 !) mais Nico nous propose de boire un thé avec lui et de camper sur place. Au diable les 90 kms nous acceptons avec plaisir cette rencontre et ce thé chaud et réconfortant ! Nous ne le savons pas encore mais c’est le début d’une belle aventure !!

Quelques mots sur Nico : il est normand, a 28 ans et est deja parti depuis 3 mois ! Plus de 6000 kms au compteur, chapeau !

Nous nous surnommons l’équipée sauvage, une bande d’aventuriers avides de découvertes ! Nous refaisons le monde ensemble sur nos fidèles destriers, parlons cinéma, voyage et société. Pas un sujet n’est épargné, l’équipée sauvage est sans complexe, ouverte aux débats 🙂

De coup de pédales en bivouacs loufoques le temps s’écoule paisiblement pour la troupe. Nous croisons de très nombreux rennes.

Si il est un fait avéré confirmé par d’autres cyclotouristes c’est que le renne n’a indéniablement pas inventé l’eau chaude. Dès que nous approchons d’eux ils se mettent à courir devant nous plutôt que d’aller sur un côté se cacher dans la forêt, parfois sur plusieurs kilomètres !

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Il faut également savoir qu’un renne a aussi une façon bien particulière de courir, ce qui nous vaut quelques fous rires mémorables.

Nous croisons également des moutons. En terme de QI attention on a également du très très bon. 2 moutons pour 1 renne je pense si on devait faire un ratio de QI.

Le dilemme du mouton :

Une prairie verdoyante d’un côté, une route au milieu, la barrière de sécurité avec une falaise de l’autre côté : quel endroit choisir pour s’échapper ?

La falaise, ÉVIDEMMENT.

Sûrement le leader des moutons qui a dit : venez les gars on va se planquer derrière la barrière et essayer de pas tomber ! (Bêêêh bêh bêêêh si je traduis ça en mouton / désolé je devais la faire je me suis trop marré en y pensant !)

Nous croisons également une fois par jour nos amis allemands, avec cette sorte de compétition implicite qui s’instaure au fil des jours. Promis, j’y reviens plus tard dans l’article ! Quelques photos du periple :

 La vie c’est comme une boîte de chocolat

L’arrivée à Alta fait du bien au moral tant les kilomètres sont difficiles en Norvège, ça rigole plus les montées ici. Stupeur pour moi, je ne retrouve plus mon portefeuille. Tous les noms d’oiseaux y passent. Sacrebleu. Tant pis, ça ne doit pas gâcher le voyage !

Le soir arrive et nous allons dans un camping pour prendre une douche et faire une lessive. Nous négocions et la douche est finalement gratuite (le french accent de Nico sûrement !). Et surprise, il y a également un sauna !

Nous restons finalement 3h au camping, faisons à manger dans la cuisine et notre vaiselle. Je vide toutes mes sacoches pour retrouver le portefeuille mais rien à faire, il est définitivement perdu. La jeune de l’accueil hallucine totalement de nous voir rester aussi longtemps pour « a free cold shower of 5 minutes, please ».

Au moment de partir, 2 cyclotouristes autrichiens arrivent. Nous les saluons, échangeons quelques mots quand – croyez le ou non ! – l’un d’eux nous demande si l’un de nous s’appelle Pierre et a perdu son portefeuille !! Il l’ont ramassé à 200 kms de là, et ont décidé de venir à CE camping (on à du en croiser 70 !!), à CE moment là avec MON portefeuille.

Incroyable. Ils sont heureux, je le suis, tout le monde est abasourdi par la coïncidence ! Un GRAND merci à Samuel et Lucas, nos amis cyclistes sauveteurs de portefeuille :

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Nous repartons le coeur léger pour quelques kilomètres de nuit tandis qu’eux restent au camping pour la nuit.

 Ce n’est qu’un au revoir

Nous nous rapprochons petit à petit du nord et ça se sent, nous traversons des routes vides, de véritables terres pelées. Nous voyons meme notre premier panneau indiquant le cap nord :

 

Ça c’est l’idée qu’on avait du cap nord, c’est bon de sentir la pression monter !

Finalement viens le 4e jour de voyage pour l’équipée sauvage, la bifurcation entre la E6 qui file en Suède et la E69 qui va au cap nord. C’est ici que nos chemins se séparent avec Nico, nous avons le même moyen de locomotion mais pas le même but.

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Nous te souhaitons donc de tout coeur de poursuivre ta belle aventure l’ami !! Prends soin de toi 🙂

Dernière ligne droite : La E69

Et autant vous dire que droite elle ne l’est pas pour un sou. C’est sinueux, ça grimpe comme l’enfer. Nous croisons les allemands qui nous disent qu’ils pensent y être dans 2 jours au soir. Qu’à cela ne tienne, on y sera dans 2 jours à midi ! 220 kms en 1 jour et demi, ça va rouler sec. Impossible n’est pas français !

Nous quittons Nico à 90 km à 17h. Nous nous regardons avec Benoît, les jambes déjà lourdes mais prêts à rouler toute la nuit pour arriver les premiers. Les kilomètres s’enchaînent, la fatigue s’accumule, la nuit tombe. Nous nous arrêtons à chaque nouveau panneau pour le cap nord pour prendre une photo :

Nous avons commencé à pédaler a 8h et nous arrêtons finalement à 23h. 150km dans les jambes dont 2 montées terribles. Nous nous couchons et mettons le réveil pour 6h30. Départ à 7h15, et nous ne sommes pas au bout de nos peines!

Nous arrivons finalement au très fameux nordkapptunnel : 6870 mètres avec 3 kms de descente à 9% et autant en montée à 9%. Si l’enfer avait un nom ça serait nordkapptunnel.

Interminable, froid, terrible pour les jambes.

Nous faisons une pause bien méritée apres le tunnel avant d’entamer nos derniers kilomètres. C’est dur, le temps se couvre, chaque coup de pédale est difficile mais c’est le sourire au lèvres qu’on aperçoit au loin la fameuse falaise.

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Viens ensuite quelques kilomètres relativement plat puis…une montée de 12 kms !! La der des ders. L’entrée du cap nord est à 500 m (et elle est gratuite pour les cyclistes !!) :

 

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Nous poussons encore un peu et…ça y est !!! Bordel, on est arrivé. La pression retombe, toute cette pression accumulée ces derniers jours. C’est la joie, un sentiment de fierté immense :

On l’a fait!! 🙂

Nous posons la tente devant le globe, nous sommes seuls (période touristique terminée).

 

Le vent souffle terriblement pendant la nuit, c’est une vraie tempête. On est debout à 7h et on se donne ensuite en spectacle pendant 30min à essayer de ranger la tente, courir après les matelas, perdre une assiette dans la bataille, être pris de fous rire. Dans le restaurant panoramique personne n’en perd une miette. Plusieurs personnes viennent nous remercier pour le spectacle ! Nous apprenons ainsi que c’est un groupe accompagné par un guide et une chauffeur de bus.

Nous nous offrons ensuite le luxe de prendre le buffet à volonté avec vue sur le cap pour le petit déjeuner.

Nous en profitons egalement pour envoyer 32 cartes postales :

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Nous croisons ensuite nos deux allemands préférés (en sortant des toilettes et ça c’est rigolo !) qui sont arrivés comme prévu la veille au soir. Ils n’en croient pas leurs yeux qu’on soit arrivé avant eux, a 13h 😀

Nous passons finalement tout l’après-midi avec eux à discuter et échanger, vraiment très sympa !!

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Le soir il faut repartir pour Honningsvag car nous prenons le bateau là bas. Donc 35 kms dans le sens inverse à faire. Et la tempête a empiré, de même que le brouillard qui recouvre tout :

Nous mettons 2h30 à parcourir ces quelques kilomètres tant le vent souffle et la pluie nous fouette!! Et devinez qui nous croisons dans le sens inverse ? Nos deux amis autrichiens !! Sauveurs de portefeuille 🙂

Eux arrivent au cap nord sous la pluie, dur. Mais c’est l’objectif atteint qui compte, pas la météo à l’arrivée !

Nous arrivons donc à Honningsvag à 19h et notre bateau est à 5h30 du matin. Nous nous installons dans un supermarché (qui ferme à 23h), mangeons un bout en nous disant que quelqu’un va nous proposer de dormir chez lui. Ça ne loupe pas, 2h après un gars vient nous voir et nous propose d’aller dormir chez lui et sa copine. C’est parti !

Le plus rigolo dans tout ça : c’est la chauffeur du bus sa copine !! Nous passons la soirée à discuter avec eux puis allons nous coucher…réveil à 4h30 le lendemain ! Ça pique.

Nous prenons finalement le bateau, heureux. Ainsi s’achève notre aventure les amis. Maintenant retour à Lyon !

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J’espère que vous avez pris autant de plaisir à lire ce carnet de voyages sur le blog que nous à le rédiger! 🙂

De nouveaux articles avec un bilan seront postés plus tard quand nous auront pris du recul sur tout ça. Merci à vous de nous avoir suivis et soutenus !

Un blog est en préparation pour l’Asie, restez connectés ! 😀